Jiāng Zémín, né le 17 août 1926, est un homme d'État chinois, qui a été président de la République populaire de Chine entre 1993 et 2003.

Originaire de la province côtière du Jiangsu, il fait des études d'ingénieur en électricité à l'Université Jiaotong de Shanghai. Il adhère au Parti communiste chinois (PCC) en 1946 tout en poursuivant une carrière d'ingénieur et de dirigeant technique. Sa percée au sein de l'appareil du Parti est tardive : il est vice-président de la Commission pour les investissements étrangers de 1980 à 1982 et successivement vice-ministre puis ministre de l'Industrie électronique.

En 1985, il devient maire de Shanghai puis, en 1987, secrétaire général du Comité du PCC de la ville. La même année, lors du XIII{e} Congrès, il entre au bureau politique du Comité central. En juin 1989, il succède à Zhao Ziyang comme secrétaire général du PCC, mais ce poste est bien moins important sur le plan politique qu'en Union soviétique.

Jiang Zemin soutient la répression des manifestations de la place Tian'anmen en 1989, ce qui lui vaut l'admiration de Deng Xiaoping. Ce dernier, qui n'a plus de fonction réelle, reste néanmoins l'homme fort du pays. Il confie alors à Jiang Zemin les postes de secrétaire général du Parti communiste chinois et de président de la Commission militaire, les postes les plus importants en Chine communiste.

Jiang Zemin, qui menait jusque là une carrière discrète, devient brusquement l'homme fort du pays. En 1993, il accède au poste de Président de l'État et concentre tous les pouvoirs. Deng Xiaoping étant toujours vivant, Jiang Zemin continue la politique d'ouverture et de réformes de son prédécesseur. Sous ses mandats, il assiste à la rétrocession de Hong-Kong et de Macao. Son désir était de récupérer aussi Taïwan.

En 1998, Jiang Zemin interdit en tant que chef du Parti le renouvellement des mandats des responsables actuels, ce qui entraîne également sa retraite pour 2003, date à laquelle il remet ses attributions de Secrétaire général du Parti et de Président de l'État à Hu Jintao, son Vice-Président de l'État, qui a été élu par l'Assemblée nationale populaire.

Comme son prédécesseur, Jiang Zemin a choisi de partir en douceur tout en surveillant son successeur. C'est ce qui explique qu'il ait conservé la présidence de la Commission militaire centrale jusqu'en 2004. En outre, avant de passer le relais, il a nommé plusieurs de ses proches, appartenant à « la bande de Shanghai », à des postes importants dans les institutions politiques et militaires chinoises. Un argument supplémentaire, avec sa personnalité et son expérience, pour conserver encore une influence dans les décisions du Parti et de l'État.
Le général Wojciech Witold Jaruzelski (né le 6 juillet 1923 à Kurów, province de Lublin) est un homme politique et militaire polonais.

Principal dirigeant de la Pologne communiste de 1981 à 1990, il est surtout connu pour le long bras de fer qui l'opposa au syndicat Solidarnosc présidé par Lech Walesa. La répression s'avérant impuissante, il négocia finalement la transition pacifique vers la démocratie. Son ancien ennemi le remplaça à la tête du pays.

La famille de Wojciech Jaruzelski est une famille noble qui descend du chevalier Slepowron (d’où les armes de cette famille – le blason « Slepowron ») à qui en 1224 le prince Conrad de Mazovie donna des biens terriens de Jeruzale (appelés plus tard Jaruzele) en récompense de sa participation aux guerres contre la tribu païenne des Sudaves. Le grand-père du général, également prénommé Wojciech (lat. Adalbert) prit part à l’insurrection de Janvier (1863) et fut déporté en Sibérie par l'Etat russe pour y avoir participé (condamné à 12 ans, il en revint après 8 ans suite à une amnistie du tsar). Le père du général participa en tant que volontaire à la guerre russo-polonaise de 1920.

Le 10 septembre 1939, fuyant l’avancée des armées allemandes, la famille Jaruzelski prend la direction de l’est. Le 17 septembre, c’est au tour de l’Armée rouge d’envahir la Pologne – la famille, qui s’était abritée dans un manoir (Jagnieszczyce) dans les environs de la ville de Lida fait demi-tour et, pour échapper aux Soviétiques, se dirige cette fois vers l’ouest. Les Jaruzelski sont témoins des durs combats de Dereczyn et, après avoir franchi le Niémen, de la bataille pour la ville de Grodno. C’est de justesse qu’ils échappent aux blindés soviétiques et, le 23 septembre 1939, ils passent la frontière lituanienne, où ils trouvent refuge.

Après l’invasion de la République de Lituanie par l’Armée rouge en 1940, afin d’éviter la déportation qui frappe des centaines de milliers de Polonais sous l’occupation soviétique, le père de Wojciech Jaruzelski dépose auprès des autorités une demande de citoyenneté soviétique. Cependant, le 14 juin 1941 (une semaine avant l’attaque allemande), les Jaruzelski sont arrêtés par le NKVD, qui confisque entre autres à ces « ennemis du peuple » 99 marks allemands, 3 roubles impériaux en or, un couteau finlandais avec fourreau et un appareil Kodak.

Transportée d’abord en camion, la famille est ensuite séparée (les enfants restent avec la mère et le père se retrouve dans un autre transport) : en wagons à bestiaux, Wojciech Jaruzelski avec sa mère et sa sœur sont envoyés vers les Montagnes de l’Altaï, tandis que son père prend la direction du goulag n°7 (territoire de Krasnoïarsk, au milieu de la Sibérie). Le voyage dure environ un mois – après être passés par Omsk, Novossibirsk, les Jaruzelski se retrouvent assignés dans le hameau Touratchak dans les montagnes de l’Altaï, à 180 km de la ville de Biïsk.

Pour subvenir, en absence du père, aux besoins de la famille (sa mère tombe rapidement malade), le jeune Wojciech Jaruzelski travaille à l’abattage des arbres dans la taïga. Libéré par l’amnistie des Polonais provoquée par la signature à Londres des accords Sikorski-Maïski (qui stipulent l'amnistie pour les centaines de milliers de Polonais déportés de la partie annexée par l'URSS lors de l'agression de la Pologne par l'URSS et le Reich, alors alliés), le père de Wojciech arrive à Biïsk, où Wojciech et sa mère le rejoignent après avoir réussi à s’échapper de Touratchak en janvier 1942. Le père tente d’engager son jeune fils dans l’armée polonaise formée en URSS par le général Anders, mais il se heurte à un refus des autorités soviétiques qui, malgré les accords en vigueur, empêchent au niveau local le départ des Polonais. Le 4 juin 1942, le père de Wojciech Jaruzelski meurt à Biïsk de dysenterie ; il sera enterré au cimetière de la ville.

Après une tentative infructueuse d’intégrer l’armée polonaise du général Anders (grâce à laquelle 125 000 Polonais réussiront à quitter l’URSS pour l’Iran puis l’Irak et la Palestine, pour combattre par la suite en Italie), Wojciech Jaruzelski fait des études à l’école (soviétique) des officiers de Riazan, puis il est versé dans la 2e Division d’infanterie ("Henryk Dombrowski") de la nouvelle armée polonaise "populaire" formée sous les auspices des Soviets après le départ de l’URSS de l’armée Anders. Il y devient commandant d’un peloton de reconnaissance. En qualité d’assistant du chef d’état-major du 5e Régiment d’infanterie, il suit le parcours de la 1re Armée polonaise ("populaire"). Il prend part aux combats de la Vistule dans les environs de Varsovie et à la prise de la ligne fortifiée de Poméranie, puis aux combats de la Baltique et de l’Oder. Dans les années 1945-1947, Wojciech Jaruzelski participe à la lutte contre la résistance polonaise anticommuniste dans les environs de Częstochowa et de Piotrkow Trybunalski. Selon des documents se trouvant aux archives de l’Institut national de la Mémoire (IPN), il collabore à cette époque en tant qu’agent informateur (pseudo – "Wolski") avec l’Information Militaire (IW – Informacja Wojskowa), organe de contre-espionnage totalement inféodé à l’URSS fonctionnant en Pologne dans les années 1944-1957. Le général Jaruzelski réfute catégoriquement cette accusation.

Il est diplômé avec mention de l’Ecole Supérieure de l’Infanterie et de l’Académie de l’Etat-major Général. Dans les années 1947-1957 il enseigne la tactique et le service d’état-major à l’Ecole Supérieure de l’Infanterie ; il est le chef de la direction des académies militaires, des écoles et des cours d’officiers ainsi que le second du chef de l’Administration Centrale de Formation militaire. Entre 1950 et 1952, il fréquente les cours de l’Université du Marxisme et Léninisme, qu’il termine avec la note maximale (très bien). En 1956, il est le plus jeune officier à être promu au grade de général. En octobre de la même année (après les événements et les troubles qui provoquent une apparence d’évolution du régime communiste), Wojciech Jaruzelski est le seul général polonais à se prononcer pour le maintien du maréchal Constantin Rokossovski (Russe d’origine polonaise) au sein de l’Armée Polonaise Populaire. Entre 1957 et 1960, il commande la 12e Division mécanisée à Szczecin (près de la frontière avec la RDA).

En 1960, il est nommé chef de l’Administration Politique de l’Armée polonaise (Główny Zarząd Polityczny WP) et, en 1962, il est nommé au poste de vice-ministre de la Défense nationale. A partir de 1965, Wojciech Jaruzelski devient le chef d’état-major de l’armée polonaise. Dans les années 1967-1968, en tant que membre de la direction restreinte du ressort de la Défense, il est co-responsable de l’éviction de l’armée et de la dégradation d’environ 1300 officiers polonais d’origine juive ou mariés à des femmes d’origine juive, ce qui constitue un volet des agissements antisémites de l’état communiste polonais (agissements qui vont culminer lors des "événements de mars" 1968). Dans le cadre de l’action antisémite, l’origine juive a été également attribuée – à tort – au ministre de la Défense nationale Marian Spychalski. Ce dernier perd son poste et il est alors remplacé par Wojciech Jaruzelski, qui sera le ministre de la Défense nationale du 11 avril 1968 au 21 novembre 1983.

Le dirigeant à poigne des années 1980

Ministre de le défense en 1968, puis membre suppléant et enfin membre de plein droit du bureau politique au début des années 1970, il fait dès lors partie du premier cercle des dirigeants de la Pologne communiste.

Il fut nommé Premier ministre de la Pologne le 10 février 1981 jusqu'en 1985. Face à la popularité grandissante du syndicat Solidarność et de son chef Lech Wałęsa, il impose le 13 décembre 1981 l'état de siège. Il a ensuite présidé la Pologne entre 1989 et 1990.

Critiqué pour son attitude face à Solidarność, il affirma, quinze ans après la chute de l'URSS, que son action fut guidée par un vrai sentiment patriotique : l'état d'urgence, aussi difficile soit-il, était selon lui le meilleur moyen d'éviter l'invasion pure et simple par les troupes soviétiques. Jaruzelski était déjà en froid avec Léonid Brejnev depuis la visite de Jean-Paul II, que le général polonais autorisa malgré l'ordre contraire du dirigeant soviétique.

Après la victoire de Solidarność

Le 31 mars 2006, le général Jaruzelski a été inculpé de « crime communiste » et encourt jusqu'à 8 années de prison pour avoir instauré la loi martiale en 1981. Le 17 avril 2007, il a officiellement été mis en accusation.
Le Parti communiste de Belgique est, comme son nom l'indique, un parti politique communiste implanté en Belgique.

Dès sa création au début du XXe siècle, le Parti communiste de Belgique s’est appuyé sur une classe ouvrière industrielle en pleine expansion.

Né de l'union du petit groupe (300 membres) des "Amis de l'Exploité" de Joseph Jacquemotte réuni autour du journal "L'Exploité" - positions de la troisième Internationale au sein du POB (lutte de classes) - et du plus petit (200 membres) PCB dit Parti de War Van Overstraeten, créé quelques mois avant le Parti communiste de Joseph Jacquemotte. Cette différence de quelques mois est, en fait, très importante, non pas d'un point de vue chronologique, mais parce qu'elle marque une différence entre deux orientations divergentes. En effet, le groupe Van Overstraeten était anti-syndicaliste et anti-parlementaire, classifié comme gauchiste, pour l'adhésion à la formule des soviets. Le mouvement Jacquemotte était d'un genre très différent, "centriste", il n'était pas décidé du tout à rompre avec le courant social-démocrate dont il faisait d'ailleurs organiquement partie. (Sources : Marcel Liebman).

Au départ, le PCB est en effet un petit groupe politique (500 communistes), issus de la fusion de deux groupes minoritaires. Si minoritaires que l'Internationale Communiste les enjoindra en 1921 d'unir leurs faibles forces : " Camarades, tout de même, vous n'êtes pas si nombreux, unissez-vous : ça fera encore un petit groupe". (Sources : Bernard Dandois).

* Entre-deux-guerres 1921-1940

Les communistes belges suivant la politique du Komintern (IIIe Internationale, dite Internationale communiste), collaboraient activement au mouvement syndical unitaire, opérant au sein de la "commission syndicale" socialiste.

Une réforme importante, la bolchévisation intervient en 1925, la structure social-démocrate, sous la forme de sections locales destinées à mener le travail électoral, est restructurée en cellules d'entreprises en vue de favoriser le contact direct avec les travailleurs.

En 1927, lorsque s'ouvrit, en Belgique, la discussion relative à l'opposition russe de Trotsky, une majorité des membres, groupée autour de War Van Overstraeten, se solidarisa avec les Trotskystes et fut écartée du parti. Les effectifs retombèrent de mille à cinq cents en 1928.

Le PCB s’est enraciné dans les milieux populaires dans les années 30 et s’est voulu le porte-parole des plus humbles. Il a gagné l’adhésion d’intellectuels (Achille Chavée, Charles Plisnier, ...), ce qui a ajouté à sa crédibilité. L'intervention des militants communistes dans la lutte sociale eut des conséquences évidentes tant au sein du parti que dans son rayonnement. Décembre 1932, 3.241 membres; les élections de novembre 1932 : à Charleroi, 9,2%, à Liège 8%.

Cet enracinement populaire profond lui a permis de jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le nazisme. En avril 1935, Congrès du Front populaire à Charleroi. Les partis communistes doivent réaliser un large front antifasciste pour la défense des libertés démocratiques et de l'indépendance nationale.

Octobre 1936, Joseph Jacquemotte décède. Il est remplacé par un triumvirat composé de Xavier Relecom, du flamand Georges Van den Boom et du liégeois Julien Lahaut [1]. Il sera un des protagonistes de l'aide multiforme apportée à la République espagnole par les travailleurs de notre pays en dépit des obstacles mis par le gouvernement. Signalons ici l'engagement de jeunes communistes et socialistes de Belgique dans les rangs des Brigades internationales (le communiste Raoul Baligand, plus tard lieutenant-colonel des Partisans , fut commandant d'une de ces Brigades).

En mai 1936, le PCB obtient 9 députés et 4 sénateurs. Dans les grands centres industriels wallons, le Parti récolte plus de 10% des voix. En 1938, 8.500 membres. En 1939, 1.700 flamands, 1.300 bruxellois, 7.000 wallons. En conclusion, même après 1936, le Parti ne sortira jamais de sa position marginale en Flandre. (Sources : Rudi Van Doorslaer).

* Guerre et libération

Le pacte de non agression entre l'URSS et le IIIe Reich, va soulever une grand polémique au sein du PCB. Deux générations s'affrontent, l'une qui n'a pas oublié l'aide apportée par la IIIe Internationale à Joseph Jacquemotte dans sa lutte contre le trotskysme et les courants sectaires, l'autre qui sait que l'arrivée du fascisme au pouvoir n'est pas la substitution ordinaire d'un gouvernement bourgeois à un autre, mais le remplacement de la démocratie bourgeoise par la dictature terroriste déclarée d'une fraction de la bourgeoisie. Or, la IIIe Internationale, c'est aussi Staline, son parti, son pays. Les Anciens Combattants d'Espagne sont prêts à reprendre les armes contre les fascistes malgré leur attachement à l'URSS. La IIIe Internationale existe toujours et la plupart de ses leaders sont à Moscou. Dimitrov, dans une sorte de lettre d'adieu, dira à tous les partis communistes ce qu'on peut résumer ainsi : " Vous êtes adultes. Comportez-vous au mieux des intérêts des peuples de vos pays. N'oubliez pas l'URSS. " Les communistes, grâce à Staline, sont devenus les boucs émissaires de tous les malheurs passés, présents et à venir. Pourtant, Edgard Lalmand écrit, dans son éditorial du 26 août 1939 : Si demain, par la faute des capitalistes, le IIIe Reich attaquait notre pays, nous serions au premier rang pour le défendre, les armes à la main. Comme dit Jean Blume dans "Drôle d'Agenda (Tome I)" : d'août 1939 à la seconde moitié de l'année 1940, je vis ce que Shakespeare appelle " un rêve de fou conté par un enfant idiot ".

Le 22 juin 1941, l'Allemagne envahit l'URSS. La polémique peut enfin cesser. Bien avant ce jour, le PCB a défini sa ligne stratégique qui le guidera tout le temps de l'occupation. Sur les indications du Parti, représenté par Edgard Lalmand, Théo Dejace et R. Gillet lance le Front wallon avec Wallonie libre à Liège, avec les anglophiles qui éditaient Churchill Gazette et La Libre Belgique. La création du Front de l'indépendance suit. Grâce au " fichier belge " dont la Gestapo dispose de nombreux dirigeants et militants communistes seront arrêtés. Julien Lahaut et Jean Terfve seront de ceux-là.

Dès 1942, le Parti est structuré régionalement.

En 1943, de nombreux militants communistes seront arrêtés par la Gestapo.

En 1944, de nombreux groupes P.A., M.P., et des résistants furieux d'avoir été désarmés par le Gouvernement belge rentré en septembre, s'engagent par milliers dans les armées anglaise, américaine, pour continuer la guerre et achever l'écrasement de l'armée hitlérienne.

Après la guerre, malgré un déclin électoral rapide et quasi-régulier, il est resté pendant une bonne vingtaine d’années un porte-parole important du mouvement ouvrier, dont les conditions de vie s’amélioraient sensiblement, grâce à son impulsion notamment, comme dans la lutte pour la sécurité d’existence à la fin des années 50, par exemple.

Assassinat de Julien Lahaut en 1950 [3],...).

Ses résultats électoraux, influencés par les événements internationaux liés à la guerre froide (faut-il évoquer Budapest 1956 ?) ont été en dents de scie. Remarquables à la suite de la grande grève de 60-61 au cours de laquelle son implantation dans la classe ouvrière lui avait permis là encore de jouer un rôle moteur. Surtout, le parti était apparu en phase avec l’irruption spectaculaire du mouvement ouvrier dans le jeu politique de l’époque, sclérosé par la domination des milieux d’affaires. Nul mieux que le PC ne sut porter la double exigence puissamment réformatrice de la grande grève : fédéralisme démocratique et réformes de structures anticapitalistes, au point d’apparaître dans la foulée de la grève un stimulant particulièrement actif du Mouvement populaire wallon.

Son enracinement s’est fragilisé à la fin des années 60, notamment encore une fois, à la suite d’événements internationaux comme la répression du « Printemps de Prague » en 1968. Mais son déclin avait bien d’autres raisons. Il s’est accéléré dans les années 70 lorsque la crise industrielle a fait ses ravages, liquidant des pans entiers de l’industrie lourde : charbonnages, sidérurgie, construction ferroviaire,… autant de secteurs où le Parti Communiste puisait ses forces vives. Pendant ces années, la classe ouvrière s’est singulièrement transformée. Non pas que son exploitation ait été moindre, au contraire. La mutation était aussi d’ordre sociologique et culturel. Le niveau d’instruction technique s’élevait en même temps que la conscience de classe s’émoussait dans ses expressions traditionnelles. Cependant, de nombreuses luttes ont émaillé cette période où les tenants de l’idéologie dominante n’avait de cesse de parler de classe ouvrière embourgeoisée, de pays de cocagne, de la nécessité de faire des sacrifices, d’individualisme,… Ces combats défensifs se sont la plupart du temps révélés vains. Le chômage a été utilisé comme arme idéologique de destruction massive par le capital pour casser les capacités de lutte des syndicats. Parallèlement à ce changement, de nouvelles préoccupations, de nouvelles revendications voyaient le jour ( les communistes ont néanmoins porté les luttes pour l'avortement et une sexualité libres. Voir Willy Peers[4] ). Elles avaient davantage pour objet le cadre de vie extérieur à l’entreprise, l’environnement, la vie associative,… Le Parti Communiste, bien que s’étant enrichi de nouveaux apports militants durant les années septante, s’est déchiré en des débats stérilisants sur la question des nouveaux terrains de lutte. Il n’a pas su adapter son action ni à la mutation de la classe ouvrière, ni aux combats nouveaux que cela impliquait. Cette paralysie a achevé une perte de sa base sociale et sa disparition pure et simple sur le plan électoral. Il serait sot de n’attribuer celle-ci qu’à la chute des pays de l’Est. Sans base sociale, l’esquif PC, n’a pu, malgré des efforts évidents, faire de la politique autrement.

Il conviendrait pour être précis d’évoquer les phénomènes qui ont jalonné l’histoire du Parti : les deux scissions, la guerre froide, l’anticommunisme ambiant, l’ancrage hégémonique de la social-démocratie dans la classe ouvrière, le poids de l’église, les divergences internes sur la question de la solidarité critique avec les pays de l’Est,… Ce survol bref, manifestement incomplet, volontairement schématique veut simplement illustrer le fait que c’est le peuple qui se donne les structures politiques dont il a besoin et ce ne sont pas les « structures » qui façonnent le peuple à leur convenance. Faute de se souvenir de cette évidence pourtant très marxiste, les partis (qui l’ont mis en pratique) au pouvoir dans les pays de l’Est en ont subi les conséquences que l’on sait.

* De nos jours

Il existe toujours des Fédérations dans toutes les provinces belges. Quelques conseillers communaux (municipaux) à Charleroi, Tournai, Courcelles, Manage (3), Le Roeulx, La Louvière, Trooz (2) ... Les militants communistes sont très actifs dans le milieu alternatif et associatif ( Forum Social, rock alternatif,...). Ils participent à la mouvance de l'Association Culturelle Joseph Jacquemotte [5] , du Club Achille Chavée [6] Il se présentera aux élections au Sénat et à la Chambre (Bruxelles-Hal-Vilvoorde, Hainaut, Liège, Brabant Wallon et Luxembourg).Leurs résultats éléctoraux feront cependant du PCB un parti plus que confidentiel.
Jiang Qing fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong. Elle joua un rôle politique majeur durant la Révolution culturelle.

* Les débuts

Jiang Jing (ou Jiang Qing selon la transcription), de son vrai nom Luan Shumeng (alias Li Yunhe, alias Li Jin, alias Lan Ping), est née entre 1912 et 1914 à Zhucheng de la province du Shandong d'une famille d'origine humble. Son père, Li Dewen, est un fabriquant de roues de charrettes et propriétaire d'une auberge. Son enfance dans ce bourg de 30 000 habitants n'est guère épanouissante. Son père, alcoolique et brutal, bat sa mère (qui n'est pas l'épouse mais seulement une concubine), qui bat Jiang Qing à son tour.

À l'âge de cinq ans, sa mère s'enfuit et l'emmène chez son grand-père à Jinan. Là-bas, Yun He (« Grue dans les nuages », son nouveau nom) fréquentera l'école primaire. Mais en 1928, sa mère, probablement remariée, quitte la ville et disparait, laissant seule l'adolescente. Elle se joint alors à une troupe de Jinan où elle commence l'apprentissage du métier d'acteur. La jeune fille, déjà très belle, s'épanouit dans ce monde artistique. Elle réussit à intégrer l'académie des arts dramatiques de Jinan au printemps 1929, avant que des difficultés ne surgissent à nouveau dès 1930 quand l'établissement ferme brutalement ses portes. Yun He épouse alors Feïn, le fils d'un commerçant de Jinan, qui s'est épris d'elle. Ce mariage de raison pour cette femme ambitieuse ne tarde pas à aboutir, quelques mois plus tard, à un divorce.

La jeune fille part alors pour Qingdao, le grand port du Shandong, où l'ancien directeur de l'académie artistique de Jinan est devenu doyen de l'université. L'épouse de ce dernier, Yu Shan, avec qui elle a sympathisé, lui obtient un petit travail à la bibliothèque universitaire et surtout lui présente son frère Yu Qiwei, qui occupe un poste très important au sein du Parti communiste chinois — rien de moins que responsable de la propagande du parti clandestin pour Qingdao.

Puis en 1933, elle part à Shanghai commencer une carrière d'actrice sous le nom de Lan Ping « Pomme bleue » ; et épouse un critique cinématographique appelé Tang Na (pseudonyme de Ma Jiliang).

Pendant quelques années, l'actrice décroche sous le nom de Lan Ping des rôles très modestes dans des films de second plan. Cette médiocre carrière l'amène néanmoins à côtoyer les milieux de gauche, sans être vraiment acceptée par eux — ce dont elle tira une grande rancœur qu'elle put assouvir pendant la Révolution culturelle. Femme réputée légère, elle noue notamment des liens avec des membres du Parti communiste chinois, dont le célèbre Kang Sheng, qui fut peut-être son amant. Elle devient également la maitresse de (alias) Huang Jing, un cadre communiste clandestin. Arrêtée par la police pour ces fréquentations, elle est aussitôt relâchée, sans doute en dénonçant certains des camarades dont elle connaissait l'identité, comme certains lui ont reproché par la suite de façon persistante (Jiang Qing s'est employée à faire disparaitre tous les documents qui pourraient la compromettre au moment où elle avait toute latitude pour le faire, pendant la Révolution culturelle — gageons cependant qu'il en reste assez pour connaitre tous les détails quand la situation politique en République populaire de Chine le permettra).

* L'attente

En 1937, elle se sépare de son mari Tang Na et, en compagnie de son ancien amant Yu Qiwei, rejoint Yan'an, la base des forces communistes établie à l'issue de la Longue Marche. C'est à ce moment qu'elle prend le nom plus connu de Jiang Qing. Très ambitieuse, elle va s'employer à séduire Mao, qui répudie alors sa troisième femme, He Zizhen. Le Bureau politique est pourtant très défavorable à cette union, se méfiant de cette starlette à la réputation sulfureuse. Il craint en outre que cette liaison nuise à l'autorité de Mao, dont l'ex-femme, militante exemplaire, avait participé à toutes les luttes du Parti, et notamment enduré les épreuves de la Longue Marche aux côtés de Mao. Une condition est donc posée qui est acceptée par Mao : que Jiang Qing s'abstienne de participer à toute activité politique publique. Malgré la déception très vive de Jiang Qing, celle-ci s'incline et le mariage a lieu en novembre 1938. Elle devient ainsi la quatrième et dernière épouse de Mao, après Yang Kaihui (épousée en 1920) et He Zizhen (épousée en 1928).

De fait, Jiang Qing va attendre son heure et se tenir à l'écart de la vie publique pendant plus d'une décennie. Elle donne à Mao une fille en 1940, Li Na. En 1950, on lui abandonne avec réticence le poste de membre du comité directeur de l'industrie cinématographique dépendant du ministère de la culture. On la traite néanmoins avec désinvolture, ne lui cachant pas qu'elle est accueillie à ce poste par faveur privée du Président Mao (ce dont les têtes de ce comité comme Xia Yan, Tian Han, etc eurent à se repentir : ils furent tous éliminés pendant la Révolution culturelle, ainsi que toutes les personnalités influentes du théâtre et du cinéma).

Ce retrait est d'autant plus accentué qu'elle entretient dans les années 1950 des relations pour le moins tumultueuses avec Mao, qui ne lui témoignait pas une fidélité exemplaire (Philip Short et ses autres biographes en font même un dépravé friand de jeunes filles), et ne pouvait supporter non plus son hypocondrie : elle est accueillie pour de longs séjours en Union soviétique entre 1949 à 1959 pour soigner un cancer, sans que l'on sache s'il s'agit d'une mesure d'éloignement de Mao, d'un mal bien réel ou d'une dépression nerveuse. A l'issue du Grand Bond en avant qui, entre 1957 et 1962 a causé la mort de plus de 30 millions de personnes, Mao, écarté du pouvoir par le Parti, se rapproche alors de Jiang Qing. Elle s'efforce de développer une certaine influence dans le domaine de l'art. Elle met en avant de grandes théories extrêmement radicales sur ce que doit être l'art dans les sociétés populaires, et s'intéresse particulièrement à la réforme de l'opéra de Pékin. Son désir de mettre un terme à l'effacement qu'elle subit est en outre exacerbé par les succès publics de Wang Guangmei, femme de Liu Shaoqi, le numéro un du régime. Cette dernière subira aussi par la suite la vindicte haineuse de Jiang Qing :

publiquement vilipendée et torturée, on lui reprocha entre autres « crimes » l'élégance de sa toilette — trahissant la signature bien féminine de l'accusation — portée lors d'un voyage officiel en Indonésie aux côtés de Liu Shaoqi.

En attendant, comme modeste mesure de compensation, Jiang Qing est élue à l'Assemblée populaire nationale. Sa première occasion de manifester un activisme politique se présente durant l'été 1964, lorsqu'elle propose une réforme de l'opéra. Cette tentative fit néanmoins long feu face au mur d'indifférence, si ce n'est de mépris, présenté par les autorités du Parti.

* La Révolution culturelle

La Révolution culturelle, tentative orchestrée par Mao a partir de 1965 pour reprendre le pouvoir en relançant la révolution sur une voie radicale, permet à Jiang Qing de se hisser au centre la scène. Elle se jette dans la mêlée politique, puis profitant du chaos sanglant qui s'ensuit, elle se place — avec l'assentiment de Mao — au premier rang des dignitaires du régime en prenant avec Chen Boda la tête du Groupe de la Révolution culturelle.

Elle entreprend une campagne de « purification » des arts à partir de 1967, excluant tout ce qui ne relevait pas d'un véritable art populaire « antiféodal » et « antibourgeois ». Elle limite strictement le nombre d'opéras autorisés. Lin Biao l'aide également à cette époque à répandre son idéologie au sein de l'Armée populaire de libération par le biais de compagnies de danse et de théâtre. De façon générale, elle joue un rôle essentiel au cours des différents rebondissements de cette folle équipée qui mena la Chine au bord du gouffre.

Signe de « l'état de décadence dans lequel a sombré le pouvoir maoïste » (Simon Leys), ce rôle d'Impératrice rouge ne doit rien à son action passée, à sa personnalité ou à ses compétences, mais tout à sa relation privée avec Mao. Malgré le déploiement de propagande qu'elle avait mis en place pour exalter sa personne, elle resta d'ailleurs universellement haïe et méprisée par le peuple chinois.

* La chute

Dès 1971, Simon Leys prédit que «  Mao une fois disparu, le pouvoir de Jiang Qing sera le tout premier à se trouver en péril. » L'analyse était juste, car c'est de son mariage avec Mao qu'elle tire l'essentiel de son pouvoir.

Un mois après la mort de Grand Timonier, ses adversaires, décidés à en finir avec les excès de la faction radicale, et rassemblés autour de Hua Guofeng, la font arrêter avec ses complices de « la Bande des Quatre » (Zhang Chunqiao, Yao Wenyuan et Wang Hongwen), dans la nuit du 6 au 7 octobre 1976. Elle est accusée de complot (une accusation sans doute pas tout à fait imaginaire), et, en juillet de l'année suivante, exclue du Parti communiste chinois.

Ne pouvant l'éliminer de façon expéditive en raison de sa notoriété, les nouvelles autorités chinoises mettent en place une cour spéciale entre novembre 1980 et janvier 1981 afin de la juger pour les crimes innombrables commis pendant la Révolution culturelle. Elle comparait devant trente-six magistrats (et un public de six cent personnes) pour un procès-spectacle dont la sentence a déjà été décidée par Deng Xiaoping (qui est parvenu entretemps à écarter Hua Guofeng du pouvoir). Elle est finalement condamnée à mort le 25 janvier 1981 à l'issue d'une parodie de procès, avec un sursis de deux ans lui permettant de se « repentir ». Jugée responsable — directement ou indirectement — de centaines de milliers de morts, elle n'exprima pas le moindre regret durant son procès, mais au contraire défiant et injuriant ses accusateurs, et se prévalant d'être le « chien de Mao » (Quand il me disait de mordre, je mordais.). En 1983, sa peine est commuée en détention à vie.

Elle est finalement libérée pour raison médicale (probablement un cancer de la gorge) et placée en résidence surveillée à Pékin. L'impératrice rouge se serait suicidée le 14 mai 1991, selon les informations données par les autorités chinoises qui n'ont annoncé sa mort qu'en 1993.
Egon Krenz, personnalité politique est-allemande, né le 19 mars 1937 à Kołobrzeg, il fut le dernier président de la République démocratique allemande.

Russophone, il est diplômé de l'école du Parti communiste russe à Moscou.

« Apparatchik » communiste, il devint n°2 du régime communiste à partir de 1984. Il se bâtit dans l'ombre de Erich Honecker une réputation de dur. Jusqu'au 18 octobre 1989 il avait en charge les questions de Sécurité intérieure et des cadres du parti.

Ami personnel de Mikhaïl Gorbatchev, il fut président du conseil d'État de la République démocratique allemande du 24 octobre 1989 au 12 décembre 1989. Annonçant dès sa prise de fonction « une offensive politique et diplomatique » il fit prendre des mesures pour faciliter les voyages à l'étranger des citoyens est-allemands et permit quelques débats publics à la radio.

Le 30 octobre 1989, plus de 500 000 personnes réclament à Berlin-Est sa démission aux cris de « Gorby, Gorby, soutiens-nous » et demandent la création d'un mouvement indépendant sur le modèle du syndicat Solidarność.

Le 9 novembre 1989, il autorisa le démantèlement du mur de Berlin.

En 1997 il fut condammé à six ans de prison pour meurtre.

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