Hun Sen, né le 5 août 1952 (officiellement le 4 avril 1951) à Peam Koh Sna(District Stoeung Trang), est un homme politique cambodgien. Premier ministre pro-vietnamien du pays depuis 1985, il est également le Vice-président du PPC (Parti du Peuple Cambodgien) (Cambodgien: Kanakpak Pracheachon Kâmpuchéa, KPK).

Ex-officier, colonel des Khmers rouges, il est issu de l'Angkar, l'organisation suprême khmère rouge, responsable entre 1975 et 1979 de la mort de plus de deux millions de Cambodgiens.

Il est étudiant lorsqu'en 1970 le premier ministre Norodom Sihanouk est renversé par une faction pro-Américaine et anti-Communiste de son gouvernement. Hun Sen rejoint alors un mouvement de résistance Khmer Rouge pro-Sihanouk. Bon soldat, toujours en première ligne, il sera blessé et perdra un œil dans l'assaut final Khmer Rouge sur Phnom Penh en 1975 lors duquel il commandait l'assaut contre l'aéroport de Pochentong le 17 avril 1975. Il fut élevé au rang de commandant régimentaire du Cambodge oriental.

Après l'intervention vietnamienne de 1977, les Khmers Rouges arrêtent beaucoup de soldats dans le régiment de Hun Sen, suspecté d'être provietnamien. Il fuit alors au Viêt Nam, ou il est emprisonné plusieurs mois avant d'être intégré à une organisation politique formée pour renverser les Khmers Rouges, le Front uni du peuple de Khmer pour le salut national (KNUFNS). Il accède en décembre 1978 au comité central de cette organisation.

Ministre des affaires étrangères du Cambodge en 1984, après la chute des Khmers rouges, il accède au poste de premier ministre de la République Populaire du Kampuchéa en 1985, poste qu'il occupe depuis lors sans interruption et qu'il a conservé après la restauration de la monarchie. Il est l'homme fort du Parti du Peuble Cambodgien.

En 2008 auront lieu de nouvelles élections pour le poste de Premier Ministre. Monsieur Hun Sen ne pourra briguer un quatrième mandat, la Constitution cambodgienne l'interdisant très clairement.

Hun Sen et Chumteav Bun Rany ont aujourd'hui six enfants (trois garçons et trois filles, l'une d'elle ayant été adoptée): Leurs noms sont Hun Manet, Hun Mana, Hun Manit, Hun Mani, Hun Mali, et Hun Malis. Mais d`après les proches de HUN Sen, il n`a que 3 garcons et ses trois filles ont toutes été adoptées.
Li Peng (né en octobre 1928) a été le président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire de la République populaire de Chine (RPC) de 1998 à 2003 et fut le numéro deux du Parti communiste chinois (PCC) après Jiang Zemin au sein du Comité permanent du bureau politique jusqu’en 2002. Il fut Premier ministre entre 1987 et 1998.

Obsédé par la stabilité sociale et politique, Li a mené une politique prudente de réformes économiques en Chine. Durant son mandat de Premier ministre il a supervisé une économie qui progressait grossièrement au rythme de 10 % l’an en terme de produit national brut (PNB). Parce qu’il fut le responsable politique de la violente répression des manifestations de la place Tian'anmen en 1989, il ne fut jamais très populaire en Chine.

Li est né à Chengdu, dans la province de Sichuan. Il est le fils de l’écrivain Li Shouxun, un des premiers martyrs révolutionnaires du PCC. Li fut orphelin à l’âge de trois ans lorsque son père fut exécuté par le Guomindang. Il fut adopté par Zhou Enlai, peut-être le fondateur de la RPC le plus respecté après Mao Zedong. En 1945, Li, encore adolescent, rejoignit les rangs du Parti communiste chinois

Comme d’autres cadres du parti communiste de la troisième génération, Li reçut une éducation technique. En 1941 il commença des études à l’Institut des sciences naturelles de Yan'an qu’il poursuivit au collège de Yan'an puis au lycée professionnel de Zhangjiakou jusqu’en 1946.

Il fut ensuite employé comme technicien à la Compagnie de l'énergie du Shanxi-Chahar-Hebei, puis comme cadre et secrétaire du parti de la succursale de cette entreprise Harbin Huile, dans la province du Heilongjiang.

En 1948, Il fut envoyé poursuivre ses études à l’Institut de l'énergie de Moscou où il se spécialisa et obtint son diplôme d’ingénieur en hydroélectricité. Durant cette période il fut président de l’association des étudiants chinois en Union soviétique. Un an plus tard, Zhou Enlai devint Premier ministre de la République populaire de Chine nouvellement créée.

Après son retour en Chine en 1955, Li devint directeur adjoint et ingénieur en chef de l’usine hydroélectrique de Fengman dans le nord-est de la Chine. Ultérieurement il fut nommé ingénieur en chef adjoint de l’administration de l’énergie de la Chine du Nord-Est, directeur du département de la distribution d’électricité, directeur de la centrale électrique de Fuxin et secrétaire adjoint du comité du parti de l’usine.

Li évita les difficultés de la Révolution culturelle durant la période 1966-1976. Il occupa les postes de secrétaire par intérim du comité du parti du bureau de Pékin de l'alimentation électrique, président du comité révolutionnaire du bureau, secrétaire adjoint du comité du parti de l’administration de l’énergie de Pékin et président du comité révolutionnaire et secrétaire du groupe dirigeant du parti de l’administration.

Li progressa politiquement en devenant en 1979 ministre adjoint du ministère de l'Industrie des énergies d’État puis ministre en 1981. Entre 1979 et 1983, il fut aussi le secrétaire du parti au sein du ministère de l’Industrie des énergies d’État et vice-ministre et secrétaire adjoint du parti au sein du ministère des Ressources hydrauliques et de l’Énergie.

Après que Li fut élu membre du Comité central du PCC au douzième congrès national du PCC en 1982, il fut nommé au Politburo et au Secrétariat du parti en 1985, puis au Comité permanent du Politburo en 1987, quand il devint Premier ministre par intérim. Début 1983, Li Peng devint vice-Premier ministre du Conseil des affaires de l'État de la République populaire de Chine. Début 1985, il fut aussi responsable de la commission d’État sur l’éducation.

Li, qui se concentrait sur les problèmes d’énergie, de communication et de matières premières, fut obligé, à cause d’oppositions politiques, de problèmes sociaux d’inflation, de migration urbaine et de surpopulation scolaire, de se placer à l’avant-garde des débats au sein du parti engagé dans des réformes économiques.

Alors que les étudiants et les intellectuels demandaient des réformes radicales, quelques anciens du parti furent effrayés que l’instabilité créée par les réformes ne menacent leurs fondements, c’est-à-dire le développement économique, point central de la carrière de Li Peng.

Hu Yaobang un protégé de Deng Xiaoping et un fervent partisan des réformes, fut tenu pour responsable d'une série de manifestations et fut obligé de démissionner du poste de secrétaire général du PCC en janvier 1987. Le Premier ministre Zhao Ziyang fut nommé secrétaire général et Li Peng quitta ses fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de l’Électricité et de l’Eau pour devenir Premier ministre de la République populaire de Chine.

Après sa nomination comme secrétaire général, Zhao proposa en mai 1988 d’accélérer la réforme des prix, ce qui entraîna un mécontentement général contre une inflation rampante et permit aux opposants des réformes rapides de réclamer une centralisation plus poussée de l’économie ainsi qu’une limitation plus grande des influences occidentales. Ceci entraîna un débat politique qui devint de plus en plus passionné au cours de l’hiver 1988-1989.

La mort de Hu Yaobang le 15 avril 1989 et les privations économiques grandissantes dues à une forte inflation fournirent la toile de fond pour les mouvements de protestation de 1989 par des étudiants, des intellectuels et d’autres parties mécontentes de la population.

Les manifestants étudiants profitèrent d’une atmosphère politique moins contraignante pour réagir à diverses causes de mécontentement qu’ils attribuèrent au pas trop lent des réformes. Li avec quelques anciens, qui gardaient une influence considérable, en vint à la conclusion opposée, regrettant le pas trop rapide des réformes, cause de l’état d’esprit de confusion et de frustration régnant parmi les étudiants.

Plus proche des anciens, en particulier de son mentor Chen Yun, Li était plus orthodoxe politiquement que certains de ses contemporains, préférant une centralisation économique planifiée plus grande et une croissance économique plus faible. Li prônait que la croissance économique et la transition à une économie de marché devaient reposer sur la stabilité sociale et politique.

Les étudiants et d’autres citoyens de Pékin campèrent sur la place Tian'anmen pour pleurer la mort de Hu et protester contre ceux qui voulaient ralentir les réformes. Leurs revendications, qui grandirent malgré les efforts du gouvernement pour les contenir, demandaient de mettre fin à la corruption officielle et de défendre les libertés garanties par la constitution de la RPC. Les manifestations s’étendirent à d’autres villes, y compris Shanghai et Canton. Ces manifestations intervenaient au moment où les gouvernements communistes d’Europe de l'Est étaient en train de s’effondrer. Les dirigeants conservateurs de la RPC eurent peur que les manifestations de la place Tian'anmen puissent renverser le gouvernement, à un moment où, disaient-ils, la stabilité politique était si importante pour les réformes économiques et la modernisation. Li était de ceux qui voulaient que les protestations soient matées, par la force si nécessaire, et joua un rôle important pour mettre Deng Xiaoping de son côté. Li déclara la loi martiale à Pékin le 20 mai 1989. En juin, le secrétaire général Zhao Ziyang qui s’était opposé à Li fut démis de ses fonctions et mis en résidence surveillée. Les forces armées furent envoyées à Pékin et il y eut des centaines de morts.

Après la crise de Tian'anmen, Li fut réélu au comité permanent du Politburo durant la première session plénière du quinzième comité central du PCC. Li, avec le soutien des conservateurs, comme Chen Yun, essaya de revenir sur les réformes du marché et d’accroître le rôle de la planification administrative. Cependant Li fut contré par les gouverneurs provinciaux et par Deng Xiaoping. Le célèbre voyage entrepris par Deng Xiaoping dans le sud de la Chine en 1992 est souvent considéré comme une rebuffade contre les conservateurs.

Dans la décennie qui suivit Li fit de nombreuses visites en pays étrangers, contribuant au développement de relations de coopération entre la RPC et d’autres pays.

Président de l'Assemblée nationale populaire:

Après deux mandats de Premier ministre, limite constitutionnelle, Li fut nommé président de l’Assemblée nationale populaire. Il consacra une grande partie de son temps à surveiller les travaux du barrage des Trois-Gorges qu’il considère comme le projet de sa vie.

Durant son mandat de président de l’Assemblée nationale populaire, Li fut un partisan acharné de l’état de droit et s’attacha à accroître les prérogatives institutionnelles de l’Assemblée nationale populaire.

L'Héritage:

Bien que retiré des affaires et ayant plus de soixante-dix ans, Li garde une certaine influence au sein du PCC. Luo Gan, membre du Comité permanent du bureau politique est considéré comme son protégé.

Li est un des politiciens le plus impopulaire en Chine, en raison de son manque de charisme, de son image de jusqu’au-boutiste et de son rôle dans la répression des protestations de Tian'anmen.

Le succès économique des années qui ont suivi les protestations de la place Tian'anmen a peut-être modifié l’image de l'héritage de Li, qui défendait la notion de stabilité sociale pour permettre une transition réussie à l’économie de marché.
Boungnang Vorachit est originaire du sud du Laos. Après des études d'économie politique au Viêt Nam, il rejoint le mouvement révolutionnaire communiste en 1952. Gouverneur de la province de Savannakhet de 1982 à 1992, puis maire de Vientiane entre 1993 et 1996, il devient député après le 6e Congrès du Parti révolutionnaire populaire lao en 1996 puis ministre des Finances. Lors du 7e Congrès du Parti, en mars 2001, il est nommé Premier ministre, en remplacement de Sisavath Keobounphanh, membre historique du Parti et favorable aux « relations spéciales » avec le Viêt Nam. La nomination de Bougnang Vorachit marque pour le pays une volonté d'ouverture, notamment avec la Chine, et une distance vis-à-vis des relations bilatérales avec le Viêt Nam, même s’il a fait partie de 1996 à 2001 de la Commission pour la coopération lao-vietnamienne.
Jiāng Zémín, né le 17 août 1926, est un homme d'État chinois, qui a été président de la République populaire de Chine entre 1993 et 2003.

Originaire de la province côtière du Jiangsu, il fait des études d'ingénieur en électricité à l'Université Jiaotong de Shanghai. Il adhère au Parti communiste chinois (PCC) en 1946 tout en poursuivant une carrière d'ingénieur et de dirigeant technique. Sa percée au sein de l'appareil du Parti est tardive : il est vice-président de la Commission pour les investissements étrangers de 1980 à 1982 et successivement vice-ministre puis ministre de l'Industrie électronique.

En 1985, il devient maire de Shanghai puis, en 1987, secrétaire général du Comité du PCC de la ville. La même année, lors du XIII{e} Congrès, il entre au bureau politique du Comité central. En juin 1989, il succède à Zhao Ziyang comme secrétaire général du PCC, mais ce poste est bien moins important sur le plan politique qu'en Union soviétique.

Jiang Zemin soutient la répression des manifestations de la place Tian'anmen en 1989, ce qui lui vaut l'admiration de Deng Xiaoping. Ce dernier, qui n'a plus de fonction réelle, reste néanmoins l'homme fort du pays. Il confie alors à Jiang Zemin les postes de secrétaire général du Parti communiste chinois et de président de la Commission militaire, les postes les plus importants en Chine communiste.

Jiang Zemin, qui menait jusque là une carrière discrète, devient brusquement l'homme fort du pays. En 1993, il accède au poste de Président de l'État et concentre tous les pouvoirs. Deng Xiaoping étant toujours vivant, Jiang Zemin continue la politique d'ouverture et de réformes de son prédécesseur. Sous ses mandats, il assiste à la rétrocession de Hong-Kong et de Macao. Son désir était de récupérer aussi Taïwan.

En 1998, Jiang Zemin interdit en tant que chef du Parti le renouvellement des mandats des responsables actuels, ce qui entraîne également sa retraite pour 2003, date à laquelle il remet ses attributions de Secrétaire général du Parti et de Président de l'État à Hu Jintao, son Vice-Président de l'État, qui a été élu par l'Assemblée nationale populaire.

Comme son prédécesseur, Jiang Zemin a choisi de partir en douceur tout en surveillant son successeur. C'est ce qui explique qu'il ait conservé la présidence de la Commission militaire centrale jusqu'en 2004. En outre, avant de passer le relais, il a nommé plusieurs de ses proches, appartenant à « la bande de Shanghai », à des postes importants dans les institutions politiques et militaires chinoises. Un argument supplémentaire, avec sa personnalité et son expérience, pour conserver encore une influence dans les décisions du Parti et de l'État.
Le général Wojciech Witold Jaruzelski (né le 6 juillet 1923 à Kurów, province de Lublin) est un homme politique et militaire polonais.

Principal dirigeant de la Pologne communiste de 1981 à 1990, il est surtout connu pour le long bras de fer qui l'opposa au syndicat Solidarnosc présidé par Lech Walesa. La répression s'avérant impuissante, il négocia finalement la transition pacifique vers la démocratie. Son ancien ennemi le remplaça à la tête du pays.

La famille de Wojciech Jaruzelski est une famille noble qui descend du chevalier Slepowron (d’où les armes de cette famille – le blason « Slepowron ») à qui en 1224 le prince Conrad de Mazovie donna des biens terriens de Jeruzale (appelés plus tard Jaruzele) en récompense de sa participation aux guerres contre la tribu païenne des Sudaves. Le grand-père du général, également prénommé Wojciech (lat. Adalbert) prit part à l’insurrection de Janvier (1863) et fut déporté en Sibérie par l'Etat russe pour y avoir participé (condamné à 12 ans, il en revint après 8 ans suite à une amnistie du tsar). Le père du général participa en tant que volontaire à la guerre russo-polonaise de 1920.

Le 10 septembre 1939, fuyant l’avancée des armées allemandes, la famille Jaruzelski prend la direction de l’est. Le 17 septembre, c’est au tour de l’Armée rouge d’envahir la Pologne – la famille, qui s’était abritée dans un manoir (Jagnieszczyce) dans les environs de la ville de Lida fait demi-tour et, pour échapper aux Soviétiques, se dirige cette fois vers l’ouest. Les Jaruzelski sont témoins des durs combats de Dereczyn et, après avoir franchi le Niémen, de la bataille pour la ville de Grodno. C’est de justesse qu’ils échappent aux blindés soviétiques et, le 23 septembre 1939, ils passent la frontière lituanienne, où ils trouvent refuge.

Après l’invasion de la République de Lituanie par l’Armée rouge en 1940, afin d’éviter la déportation qui frappe des centaines de milliers de Polonais sous l’occupation soviétique, le père de Wojciech Jaruzelski dépose auprès des autorités une demande de citoyenneté soviétique. Cependant, le 14 juin 1941 (une semaine avant l’attaque allemande), les Jaruzelski sont arrêtés par le NKVD, qui confisque entre autres à ces « ennemis du peuple » 99 marks allemands, 3 roubles impériaux en or, un couteau finlandais avec fourreau et un appareil Kodak.

Transportée d’abord en camion, la famille est ensuite séparée (les enfants restent avec la mère et le père se retrouve dans un autre transport) : en wagons à bestiaux, Wojciech Jaruzelski avec sa mère et sa sœur sont envoyés vers les Montagnes de l’Altaï, tandis que son père prend la direction du goulag n°7 (territoire de Krasnoïarsk, au milieu de la Sibérie). Le voyage dure environ un mois – après être passés par Omsk, Novossibirsk, les Jaruzelski se retrouvent assignés dans le hameau Touratchak dans les montagnes de l’Altaï, à 180 km de la ville de Biïsk.

Pour subvenir, en absence du père, aux besoins de la famille (sa mère tombe rapidement malade), le jeune Wojciech Jaruzelski travaille à l’abattage des arbres dans la taïga. Libéré par l’amnistie des Polonais provoquée par la signature à Londres des accords Sikorski-Maïski (qui stipulent l'amnistie pour les centaines de milliers de Polonais déportés de la partie annexée par l'URSS lors de l'agression de la Pologne par l'URSS et le Reich, alors alliés), le père de Wojciech arrive à Biïsk, où Wojciech et sa mère le rejoignent après avoir réussi à s’échapper de Touratchak en janvier 1942. Le père tente d’engager son jeune fils dans l’armée polonaise formée en URSS par le général Anders, mais il se heurte à un refus des autorités soviétiques qui, malgré les accords en vigueur, empêchent au niveau local le départ des Polonais. Le 4 juin 1942, le père de Wojciech Jaruzelski meurt à Biïsk de dysenterie ; il sera enterré au cimetière de la ville.

Après une tentative infructueuse d’intégrer l’armée polonaise du général Anders (grâce à laquelle 125 000 Polonais réussiront à quitter l’URSS pour l’Iran puis l’Irak et la Palestine, pour combattre par la suite en Italie), Wojciech Jaruzelski fait des études à l’école (soviétique) des officiers de Riazan, puis il est versé dans la 2e Division d’infanterie ("Henryk Dombrowski") de la nouvelle armée polonaise "populaire" formée sous les auspices des Soviets après le départ de l’URSS de l’armée Anders. Il y devient commandant d’un peloton de reconnaissance. En qualité d’assistant du chef d’état-major du 5e Régiment d’infanterie, il suit le parcours de la 1re Armée polonaise ("populaire"). Il prend part aux combats de la Vistule dans les environs de Varsovie et à la prise de la ligne fortifiée de Poméranie, puis aux combats de la Baltique et de l’Oder. Dans les années 1945-1947, Wojciech Jaruzelski participe à la lutte contre la résistance polonaise anticommuniste dans les environs de Częstochowa et de Piotrkow Trybunalski. Selon des documents se trouvant aux archives de l’Institut national de la Mémoire (IPN), il collabore à cette époque en tant qu’agent informateur (pseudo – "Wolski") avec l’Information Militaire (IW – Informacja Wojskowa), organe de contre-espionnage totalement inféodé à l’URSS fonctionnant en Pologne dans les années 1944-1957. Le général Jaruzelski réfute catégoriquement cette accusation.

Il est diplômé avec mention de l’Ecole Supérieure de l’Infanterie et de l’Académie de l’Etat-major Général. Dans les années 1947-1957 il enseigne la tactique et le service d’état-major à l’Ecole Supérieure de l’Infanterie ; il est le chef de la direction des académies militaires, des écoles et des cours d’officiers ainsi que le second du chef de l’Administration Centrale de Formation militaire. Entre 1950 et 1952, il fréquente les cours de l’Université du Marxisme et Léninisme, qu’il termine avec la note maximale (très bien). En 1956, il est le plus jeune officier à être promu au grade de général. En octobre de la même année (après les événements et les troubles qui provoquent une apparence d’évolution du régime communiste), Wojciech Jaruzelski est le seul général polonais à se prononcer pour le maintien du maréchal Constantin Rokossovski (Russe d’origine polonaise) au sein de l’Armée Polonaise Populaire. Entre 1957 et 1960, il commande la 12e Division mécanisée à Szczecin (près de la frontière avec la RDA).

En 1960, il est nommé chef de l’Administration Politique de l’Armée polonaise (Główny Zarząd Polityczny WP) et, en 1962, il est nommé au poste de vice-ministre de la Défense nationale. A partir de 1965, Wojciech Jaruzelski devient le chef d’état-major de l’armée polonaise. Dans les années 1967-1968, en tant que membre de la direction restreinte du ressort de la Défense, il est co-responsable de l’éviction de l’armée et de la dégradation d’environ 1300 officiers polonais d’origine juive ou mariés à des femmes d’origine juive, ce qui constitue un volet des agissements antisémites de l’état communiste polonais (agissements qui vont culminer lors des "événements de mars" 1968). Dans le cadre de l’action antisémite, l’origine juive a été également attribuée – à tort – au ministre de la Défense nationale Marian Spychalski. Ce dernier perd son poste et il est alors remplacé par Wojciech Jaruzelski, qui sera le ministre de la Défense nationale du 11 avril 1968 au 21 novembre 1983.

Le dirigeant à poigne des années 1980

Ministre de le défense en 1968, puis membre suppléant et enfin membre de plein droit du bureau politique au début des années 1970, il fait dès lors partie du premier cercle des dirigeants de la Pologne communiste.

Il fut nommé Premier ministre de la Pologne le 10 février 1981 jusqu'en 1985. Face à la popularité grandissante du syndicat Solidarność et de son chef Lech Wałęsa, il impose le 13 décembre 1981 l'état de siège. Il a ensuite présidé la Pologne entre 1989 et 1990.

Critiqué pour son attitude face à Solidarność, il affirma, quinze ans après la chute de l'URSS, que son action fut guidée par un vrai sentiment patriotique : l'état d'urgence, aussi difficile soit-il, était selon lui le meilleur moyen d'éviter l'invasion pure et simple par les troupes soviétiques. Jaruzelski était déjà en froid avec Léonid Brejnev depuis la visite de Jean-Paul II, que le général polonais autorisa malgré l'ordre contraire du dirigeant soviétique.

Après la victoire de Solidarność

Le 31 mars 2006, le général Jaruzelski a été inculpé de « crime communiste » et encourt jusqu'à 8 années de prison pour avoir instauré la loi martiale en 1981. Le 17 avril 2007, il a officiellement été mis en accusation.

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