M-G. Buffet, 1er tour 22 Avril 2007 : 1,93% des suffrages :-)
Heureusement que les "voyantes" de l'Huma étaient là pour nous prédire des lendemains qui chantent :
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Élections . 8 000 personnes au Dôme de Marseille avec Marie-George Buffet, en clôture de la campagne du premier tour de l’élection présidentielle.
Marseille, envoyé spécial.
Là, c’est vraiment la dernière ligne droite et même le sprint final. « Droit au but ! » dira Marie-George Buffet, fêtant à sa manière la qualification de l’OM en finale de la Coupe de France.
Une telle campagne du premier tour ne pouvait que se terminer à Marseille. Rebelle et populaire, la ville colle à la candidate comme un gant. Celui du défi à relever pour que la gauche existe vraiment. Elle avait commencé sa visite à l’Estaque où des femmes l’attendaient avec le thé de la bienvenue. « Merci de nous représenter aussi bien, dit l’une d’elle. Si vous saviez comme nous sommes fières ! » Frédéric Dutoit, le député et maire de la circonscription, se tient au côté de la candidate. Comme Georges Rosso, le maire du Rove, la commune voisine, qui glisse à Marie-George Buffet : « Dimanche, regarde le score du Rove, tu auras une belle surprise ! » On se presse pour les photos avec la candidate. « Quand est-ce que vous passez à la télé ? » ironise un homme. Elle tire le premier bilan de la campagne pour une radio locale. Elle ressent « une profonde adhésion populaire aux mesures que nous avons proposées. Il n’y a pour moi pas d’autres solutions que de chercher à rassembler sur une réelle politique de gauche », insiste-t-elle. Suit une visite au Port autonome et, dans les entrailles du ferry Méditerranée, une rencontre amicale avec Jean-Paul Israël et des syndicalistes : marins, dockers, travailleurs du port.
une salle combative
en surchauffe
Tout ce monde se retrouve le soir au Dôme pour « le meeting géant ». Le meeting anti-Sarkozy surtout, comme l’annoncent les bandeaux collés en ville. Au parc Chanot, « le candidat des expulsions » tient lui aussi son dernier meeting de campagne à Marseille. Les organisateurs du meeting de Marie-George Buffet ont envoyé une équipe avec caméras et micros, sur place, interroger les supporters de Nicolas Sarkozy et ils transmettent le reportage en direct. « Pourquoi êtes-vous ici ? » demandent-ils. « Parce que... je ne sais pas quoi dire, je le soutiens », répond un jeune homme. « Pour voir sa tête, je ne l’ai jamais vu en vrai », répond une femme BCBG. « Et vous savez que Marie-George Buffet tient aussi meeting à Marseille ? » questionnent les reporters. « Oui, mais elle ne tient pas la route », répond la femme. « Elle est d’un autre temps », dit un vieux sarkozyste sous les huées du Dôme. « Ce n’est pas gentil de se moquer des gens ! » lance narquois, au micro, Jean-Marc Coppola, le responsable départemental du PCF. « Nous ne sommes pas vieillots, nous sommes modernes parce que nous combattons le libéralisme », ajoute-t-il. La salle du Dôme est en surchauffe. Ils sont 8 000 à accueillir Marie-George Buffet, une salle, combative et exubérante, de toutes les couleurs de Marseille.
En trois « plateaux », liberté, égalité, fraternité, le meeting décline les exigences auxquelles veut répondre la candidature de la gauche populaire et antilibérale.
La liberté s’illustre avec les témoignages du combat contre les expulsions d’étrangers. François Auguste, le conseiller régional communiste de Rhône-Alpes, qui s’était opposé dans un avion à l’expulsion d’une famille vers le Kosovo et qui passera pour cette action en tribunal le 7 mai, témoigne de la tribune.
Pour l’égalité, la tribune est envahie par les syndicalistes de toutes les corporations en lutte : traminots, cheminots, postiers, marins et salariés du Port autonome, hospitaliers, mais aussi syndicalistes des entreprises de la chimie, de l’aéronautique ou de l’agroalimentaire, de la grande distribution...
Pour la fraternité, monteront sur scène les représentants des associations de migrants et le représentant de la déléguée générale de la Palestine, Hind Khoury. « Au nom d’une utilité qui reste à prouver, nous serait-il interdit de voter pour quelqu’un qu’on estime, qu’on respecte et qu’on aime ? » demande l’écrivain Roger Martin en appelant Marie-George Buffet à la tribune.
appel à un dernier effort
« La gauche au pouvoir peut faire beaucoup de choses si elle s’appuie sur les hommes et les femmes qui veulent changer la vie », lance Marie-George Buffet après avoir une nouvelle fois décliné en mesures concrètes les grands chapitres de son projet de société. « Si on conjugue un gouvernement de gauche déterminé à agir contre les logiques libérales avec une grosse mobilisation populaire, je vous le dis, tout est possible », insiste-t-elle. La candidate conclut en remerciant « toutes ces femmes et tous ces hommes qui, dans une situation difficile, sans être portés par les médias, mènent ce combat. Vous avez marqué des points, creusé un sillon, tout ce que vous avez fait est utile et va porter très loin », affirme-t-elle. Et elle appelle à un dernier effort, dans les heures qui viennent, pour aller voir « ceux qui ont voté "non" le 29 mai », « les électeurs socialistes qui veulent que la gauche soit à gauche », « les militants des collectifs antilibéraux », pour « faire mentir les sondages ». Et si c’était le résultat de Marie-George Buffet la surprise du 22 avril ?
Olivier Mayer