Le PS en folie

Dimanche 6 mai 2007
Article de Cyberpresse.ca du 6/05/2007

La division des socialistes a causé la défaite

Associated Press Paris

À qui la faute? Des divisions du PS aux choix stratégiques contestés de Ségolène Royal, les socialistes cherchaient dimanche soir à comprendre les raisons d'une défaite à une élection que beaucoup jugeaient «imperdable». Entre tristesse et colère, la tentation était grande d'instruire le procès de la candidate.

Dans le collimateur, la campagne solitaire de Ségolène Royal. Au nom de sa «liberté», elle n'a guère ménagé son parti, le prenant souvent à revers comme sur la VIe République, le drapeau tricolore ou la main tendue à l'UDF, véritable rupture avec les fondamentaux du PS.

L'ouverture au centre «ne nous a pas permis de gagner la moindre voix à droite et on en a perdu à gauche», et «les ministres UDF, ça a fait un ravage», analyse un élu du PS, anonymement.

Autre écueil selon certains, un «mauvais tempo» avec du temps «perdu» en janvier avec les débats participatifs, alors que Nicolas Sarkozy alignait au même moment ses propositions. À quoi s'ajoute l'impression d'une «improvisation» permanente -sur le «contrat première chance» par exemple- face à la campagne «pro» de l'UMP.



Le PS n'a jamais non plus vraiment pansé les plaies de sa primaire. «Elle n'a pas su rassembler les siens», récoltant l'image d'une franc-tireuse solitaire, déplore un ténor du PS. Après son investiture le 16 novembre, elle avait tardé à rappeler Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn et ne les a associés qu'a minima à sa campagne, malgré leurs offres de service répétées.

Ce n'est que le 23 février qu'elle avait intégré à reculons les «éléphants» à son équipe, dont Lionel Jospin. Des personnalités qui lui auraient selon les uns apporté un «plus de crédibilité». Elle avait, il est vrai, revendiqué sa «liberté» vis-à-vis du PS en mars.

Pour d'autres, Ségolène Royal n'a pas levé le doute persistant sur sa compétence, principale hypothèque sur sa campagne, accentuée par une série d'approximations en début d'année sur les questions diplomatiques (justice commerciale chinoise, Québec, sous-marins nucléaires).

Enfin, le PS a collectivement échoué à présenter Nicolas Sarkozy comme le candidat du «bilan» des cinq dernières années et non de la «rupture». Ce n'est qu'en toute fin de campagne que Ségolène Royal a nettement durci le ton contre son rival UMP, au point de prendre le risque d'apparaître agressive lors de leur duel télévisé.

Les partisans de Ségolène Royal pointaient, eux, un manque de soutien de la part du PS. Le 11 mars, la candidate avait accusé les «éléphants» de ne pas avoir «suffisamment fait bloc» autour d'elle dans la «première phase» de campagne. D'aucuns s'agaçaient aussi des initiatives du Premier secrétaire du PS François Hollande, qui a embarrassé sa compagne en proposant de relever les impôts au-delà de 4.000 euros ou d'instituer une CSG-retraite.

La candidate elle-même regrettait une primaire qui l'a abîmée, en donnant à la droite des munitions pour intenter son procès en incompétence. «Il y a un réseau de gens qui n'ont jamais accepté ma désignation», relevait-elle dimanche devant des journalistes. Et de se remémorer les «coups» reçus. «J'aurais tout eu», soupirait-elle.

Elle avait même pensé à une formule pour dénoncer la «traîtrise» d'Eric Besson et son ralliement à Nicolas Sarkozy: «Ce n'est pas parce que vous avez Judas à votre table que vous pouvez vous prendre pour le Messie».

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Dimanche 6 mai 2007
François Hollande pleurnichard ce dimanche soir: "Malgré tout [nos] effort la victoire n'est pas là". Il accuse Nicolas Sarkozy d'avoir été soutenu par le FN.

Bref encore une fois, comme en 2002, il ne comprend pas que sans programme il n'y a pas de victoire possible. Ce n'est pas en étant populiste et en mentant que l'on peut gagner.

Par socialisme triomphant
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Dimanche 6 mai 2007
PARIS (AFP) - Le premier secrétaire du PS François Hollande a pointé dimanche sur France 2 "des erreurs" dans la campagne présidentielle menée par Ségolène Royal, estimant qu'elle n'avait "sans doute pas assez parlé de propositions concrètes".
"Si on n'avait pas fait des erreurs, on serait peut-être aujourd'hui en train de célébrer un succès. Il y a forcément là une leçon à tirer", a déclaré M. Hollande.

"Nous n'avons sans doute pas assez parlé de propositions concrètes, d'aspects qui touchaient les Français directement. Nous n'avons pas suffisamment su nous ouvrir, nous élargir", a estimé François Hollande.

Mais "tous ceux qui ne veulent pas d'un Etat UMP doivent maintenant se mobiliser pour les élections législatives" et "l'urgence commande au rassemblement, à l'unité", a-t-il insisté.

Auparavant sur TF1, le premier secrétaire du PS a appelé à un "rassemblement" pour les élections législatives afin de "créer une force d'équilibre à l'Assemblée nationale", sans préciser avec quelles composantes politiques.

"Pour que le respect existe, il faut qu'il y ait une force qui puisse être présente à l'Assemblée nationale, qui puisse être une force d'équilibre, une force de préparation de l'avenir", a dit M. Hollande alors que Nicolas Sarkozy venait d'exprimer son "respect" à Ségolène Royal et à ses "idées".

"Je demande maintenant à tous ceux qui maintenant, conscients du choix qui a été fait, se mobilisent, se rassemblent pour que cette force-là soit celle que nous construirons dans les prochains jours", a-t-il déclaré sans citer d'autres partis de gauche ni l'UDF.

Il s'est étonné de "quelques formulations" dans le discours de Nicolas Sarkozy. "Il a dit qu'il fallait redonner aux Français la fierté de la France. Je pensais que depuis des décennies, nous l'avions cette fierté.(...) Nous ne l'avons jamais perdue et il n'y a pas besoin de l'élection de Nicolas Sarkozy pour la retrouver", a-t-il déclaré.

"Je ne crois pas qu'on va passer de l'ombre (...) à la lumière", a-t-il ajouté.
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Dimanche 6 mai 2007
PARIS (AP) - Le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon a condamné dimanche soir l'ouverture vers le centre engagée par la candidate Ségolène Royal dans l'entre-deux tours en affirmant que c'est "de la foutaise" qui fait perdre les socialistes.

"A chaque fois qu'on fait ça, on perd", a-t-il affirmé aux journalistes depuis le siège du Parti socialiste à Paris. "On n'en parle même plus, c'est de la foutaise démontrée par A+B."

"On a subi une défaite qui n'est pas seulement une défaite électorale, qui est une défaite idéologique, c'est plus grave. On n'a pas la capacité d'entraîner la société du côté des valeurs de gauche", a-t-il regretté après l'annonce des résultats.

Interrogé sur le rôle que devra jouer la candidate dans le cadre de la campagne pour les prochaines législatives de juin, il a expliqué que Ségolène Royal "va participer à la campagne comme tout le monde".

"Il faudra qu'on revienne sur tout ça en détail, sans acrimonie", mais plus tard, a-t-il jugé. "Au point où on est rendus, ce serait de la bêtise que d'ajouter des disputes non maîtrisées au désastre. Il faut prendre le temps d'y réfléchir avec sérieux." AP
Par socialisme triomphant
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Dimanche 6 mai 2007


 PARIS (Reuters) - Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Ségolène Royal, déclare que l'ex-candidate socialiste à la présidentielle entend jouer un "rôle central" dans la rénovation du PS et de la gauche.

L'ancien secrétaire général de l'Elysée a affirmé que dans l'intervalle, François Hollande, le premier secrétaire du PS devait conduire la "bataille des législatives" en juin.

"Premièrement gagner les législatives et ça c'est le parti rassemblé derrière François Hollande et deuxièmement rénover la politique, rénover la gauche et là Ségolène Royal - je n'en doute pas - aura un rôle central", a-t-il déclaré sur TF1. "C'est ce qu'attendent les gens qui l'ont entourée de leur ferveur".

Pour Jean-Louis Bianco, "le problème des Français n'est pas de savoir si (la candidate) a décontenancé ou irrité ses amis" socialistes après une campagne qu'elle a souvent pilotée en solo.

Il est plus important "de savoir si elle a fait avancer les choses et je crois que (...) en cinq mois, en dix mois elle a fait bouger la politique comme le parti ne l'avait pas fait en cinq ans ou dix ans", a-t-il estimé.

Il a estimé "légitime" que tous les dirigeants du PS y participent, notamment Dominique Strauss-Kahn qui s'est déclaré "disponible" pour lancer la rénovation social-démocrate du PS mais "il faut prendre les choses dans l'ordre".
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